mardi 6 mars 2012

"La Lozère doit ressembler au Sahara !" Les banques s'y emploient avec zèle et détermination.


Copié/collé d'un article du Midi Libre du 4 mars 2012
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Nous avons pris un coup dans la gueule, nous explique Patrick Alloux, le propriétaire de l’entreprise Le Troubadour des gourmets, dont nous annoncions, dans notre édition de lundi, la fermeture de la boutique en centre-ville de Mende et de son atelier de fabrication. Certains auraient pu se pendre car nous gérons des hommes et des femmes. Sur l’année, notre entreprise, c’est quatre à cinq équivalents temps plein."

Mais Patrick Alloux, s’il a été assommé, n’en décolère pas pour autant. Car sa petite entreprise était florissante. "En quatre ans, notre entreprise a multiplié son chiffre d’affaires par sept, et malgré la crise, celui-ci a progressé de plus de 50 000 € en 2011", a-t-il écrit au Président de la République, dans une lettre ouverte, le 22 janvier dernier. Sans compter le chiffre d’affaires du magasin : 100 000 € cette année, une progression de 40 %.

Alors pourquoi fermer ? "Parce que j’achète mes petits fruits localement, en saison, à des petits ramasseurs. Que pour ce faire, j’ai besoin de trésorerie à ce moment-là. Mais cette trésorerie, notre banque nous l’a toujours refusée. J’ai fait des demandes d’emprunt à 3 ou 4 %, la banque me proposait un encours à 14 %." C’est pour 60 000 € d’emprunt et 20 000 € d’autorisation de découvert refusés que Patrick Alloux met la clé sous la porte d’une PME florissante et qui avait même des projets : devenir une Scop, exporter en Chine des produits à la myrtille...

"Notre carnet de commandes était bondé pour 2012. J’avais de nouveaux clients importants comme Intermarché ou Roquefort société. Je suis en colère parce que les pouvoirs publics, les chambres consulaires et le conseil général n’ont rien fait. Ça ne les intéresse pas." Seuls trouvent grâce à ses yeux le directeur de la Banque de France et le trésorier-payeur général qui ont tout fait pour l’aider.

"Le Département garantit un prêt pour ArcelorMittal. Ne ferait-il pas mieux d’aider ses petites entreprises à s’en sortir ? Je suis inquiet pour tous mes collègues et aussi pour le centre-ville de Mende", conclut Patrick Alloux.

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