lundi 14 mai 2012

12.000 suicides annuels, pour les pouvoirs publics, c'est trop rentable pour être dramatique.




(Extraits du "livre noir de la banque" de Gérard Faure-Kapper aux éditions Luthenay)

12000 suicides annuels

En 1972, on dénombrait 17000 morts sur les routes. Nous en sommes aujourd’hui à près de 4000. C’est encore trop, tout le monde s’accorde à le dire mais cette baisse est le résultat d’efforts intenses pour améliorer la sécurité sur les routes, la signalisation, l’état du revêtement.

Le nombre de suicides est invariablement de près de 12000 par an. Ne peut-on pas prendre les mêmes types de mesures pour faire baisser ce chiffre. Il y a certes un chiffre incompressible que personne ne connaît, mais en prenant des mesures répressives draconiennes à l’encontre des situations financières qui poussent au suicide, on pourrait faire baisser fortement ce chiffre tout comme on a fait baisser de 17000 à 4000 le nombre de morts sur la route.

Pour cela il faut savoir lever des tabous.

De nombreuses études font ressortir avant tout l’état dépressif de la personne. Mais si l’on remonte un peu en arrière  pour savoir ce qui a rendu cette personne dépressive, nous pouvons remettre en cause beaucoup d’intervenants.

Réfléchissons au sens de notre vie. Nous entrons dans notre vie d’adulte avec des projets, des espoirs, voire des illusions. Nous fondons une famille et prenons ainsi la responsabilité de plusieurs personnes. Dès lors, nous sommes engagés, nous ne pouvons pas faillir. Il faut produire un certain niveau de revenus pour assumer ses engagements.
À partir d’un certain moment, les aléas de la vie actuelle font que l’on a des doutes, des incertitudes. Elles sont souvent liées au travail, donc à l’argent. Pourra-t-on assurer la subsistance de sa famille, c’est la question qui taraude chaque homme et femme. Ce souci est largement amplifié si l’on a des obligations financières vis-à-vis des banques et des organismes de crédits. Il suffit alors de peu de chose pour que tout bascule, pour que la personne se sente dans une impasse, face au mur.

Chacun doit honorer ses engagements, les crédits dont on a pu bénéficier doivent être remboursés, ce n’est pas à la communauté de le faire. Pourtant, l’expérience prouve que la plupart des gens ne sont pas surendettés, mais mal endettés. La solution est évidente. Souvent, en remplaçant des crédits sur 4 ou 5 ans à 20 % par un crédit du même montant à 12%, le problème est tout de suite résolu. Les dispositions existent pour que la personne bénéficiaire de ce changement ne puisse plus faire d’autres crédits. Tout le monde est gagnant. La banque, qui évite une procédure et souvent une perte, et qui fait néanmoins un crédit à un taux convenable. La communauté qui n’aura pas à prendre en charge cette famille. Le client, qui peut ainsi honorer ses engagements.

Et pourtant, les choses ne se passent pas comme ça. Une fois que la personne entre dans les difficultés, alors qu’elle peine à faire face, la banque prélève du plus en plus, frais d’intervention, frais de refus, lettres en série. Les montants deviennent insupportables pour n’importe quel budget. Les montants atteignent souvent des sommets. Le client s’effondre.

Il se retrouve seul face à sa famille et à ses créanciers qui le harcèlent sans cesse, il ne peut plus être tranquille, son téléphone sonne sans arrêt. Sa boîte est pleine de lettres agressives des banques et des huissiers. C’est l’enfer, il a tout perdu. Il n’a plus qu’une seule issue… disparaître à jamais.

« Il s’était mis lui-même dans cette situation, les autres ne sont pas responsables » va-t-on entendre de toute part. C’est souvent vrai pour les organismes de crédit qui respectent la loi. Par contre, pour la banque, c’est différent.

Sa responsabilité peut être retenue sur deux points. D’abord les frais abusifs. Certes ils sont prévus dans la grille tarifaire jointe à la convention de compte. Ce qui n’est pas prévu, c’est leur multiplication injustifiée. L’intégration des frais d’intervention dans le taux fait aussi ressortir, presque à chaque fois, une pratique usuraire.

Il y a bien d’autres irrégularités. Outre cela, il y a la différence entre des relances et une campagne de harcèlement. Quand la banque écrit : « Nous allons demander votre condamnation au juge et nous allons saisir vos meubles, votre voiture, vos revenus et tous vos biens. ». Sait-elle ce qu’elle va provoquer ?

Quelqu’un ayant un minimum de connaissances juridiques met ce courrier à la corbeille, mais pas la plupart des gens, ceux qui sont à bout, qui n’en peuvent plus, qui ne dorment plus, qui pensent en permanence à leur situation. Pour cela, ce type de lettre est un coup de grâce.

Que l’on ne se méprenne pas sur notre propos, je ne dis pas que les banques sont responsables dans le suicide de leur client. La présomption d’innocence existe. Ce que nous souhaitons est qu’après chacun de ces drames, une enquête judiciaire soit diligentée, que la situation du client soit examinée à la loupe.

Y a-t-il eu soutien irresponsable de la banque, y a-t-il eu retrait abusif de ce soutien, la masse des frais prélevés correspond-elle à une rémunération normale de l’établissement, la banque a-t-elle respecté la loi, le contenu des lettres peut-il être considéré comme une menace, les procédures normales de recouvrement de créance ont-elles été respectées, le juge d’instance a-t-il été saisi, etc. Des questions se posent.

Si la banque a respecté la loi et les usages, elle n’a rien à craindre d’une telle enquête. Mais si cette enquête dévoile un comportement totalement irresponsable et illégal de la banque, alors que celle-ci soit condamnée lourdement, comme le serait n’importe quel citoyen. Personne ne peut se réfugier derrière sa fonction pour échapper à ses responsabilités.

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Venez donc jeter un petit coup d'œil à mon film Article 23 qui sortira le 12 décembre prochain,
    un long métrage dédié à la mémoire des disparus de France Télécom, Renault, La Poste, Thales, Areva, EDF, GDF Suez, PSA, ONF,
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  2. http://antibanque.blogspot.fr/2012/11/article-23-un-film-qui-sortira-le-12.html

    Bonjour,
    J'ai transmis sur tous mes réseaux.
    Je souhaite vous contacter, envoyez moi un lien sur gerard.kapper@gmail.com
    Amitiés

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