dimanche 13 mai 2012

Infractions bancaires: la responsabilité totale de l'ensemble du personnel.




(Extrait du "livre noir de la banque" de Gérard Faure-Kapper aux éditions Luthenay)

Responsabilité du personnel  des banques.

Et le personnel des agences dans tout cela, quelle est sa responsabilité ? Les syndicats les présentent toujours comme des victimes de la politique de leur direction. Ils subissent et se taisent, ils appliquent à contrecœur des décisions qu’ils savent abusives et injustes.

C’est difficile de généraliser, mais néanmoins nous sommes assez loin de la réalité. Il est dans la nature humaine de s’adapter. Le personnel des agences n’est pas exclu de ce principe. Il s’adapte et même très bien. Il possède un pouvoir financier sur ses clients et notamment les commerçants, artisans et petits entrepreneurs.

Ces employés ne sont pas différents du reste de l’engeance humaine. Le pouvoir grise, on en use et en abuse. Peut-être oublient-ils qu’ils sont eux-mêmes clients, que leur compte est souvent à découvert mais ils bénéficient de ce qui peut être considéré comme un avantage en nature, c'est-à-dire une tolérance corporative.

Les réponses que nous avons obtenues des agences lors de l’opération du 15 février 2010 sont sans équivoque. Les clients participants ne faisaient que demander d’accéder à leurs informations, comme le prévoient les textes de la CNIL. Les réponses ont été toutes les mêmes : « Comment osez-vous vouloir user de vos droits ?»

Le mépris du client transparaissait au travers de chaque lettre. Et en représailles, combien de cartes ont été bloquées, combien d’agence ont immédiatement retiré leur concours. Beaucoup trop.

En aucun cas nous n’avons eu de réponses des directions. Ceci nous confirme le rôle actif du personnel, en tout cas sa solidarité active et bienveillante avec leurs sièges.

Une autre réaction, que l’on peut dire générale, c’est : « si l’on ne peut plus prélever sur les comptes, alors on refusera tout ce qui se présente. » C’est un raisonnement très curieux qui est manifeste d’un chantage permanent sur les citoyens.

Les syndicats de la banque sont là pour protéger les employés. Ils pensent, peut-être à raison, que le fait d’appliquer la loi sur le droit à la propriété incitera les banques à réduire leurs frais de fonctionnement pour compenser d’éventuelles pertes.

La réponse est simple : la banque serait un secteur qui a besoin de transgresser les lois pour fonctionner ? C’est effectivement inquiétant mais en tout cas, ce ne sont pas aux clients d’en faire les frais.

Il y a un aspect du problème que nous nous refusons de négliger. Les nombreuses discussions téléphoniques dévoilent des clients à bout. Ils travaillent, font des efforts, ne sont pas dépensiers, économisent comme ils peuvent, mais sont à la merci de leur banque.

Il est très dur de se lever à cinq heures du matin pour aller traire les vaches, soigner les animaux, s’occuper de sa ferme et de se coucher très tard après une journée harassante, sans week-end et sans vacance. Mais quand vous voyez que le bénéfice de la journée est aspiré par la banque qui, de fait, dirige votre vie et votre argent, alors vous commencez à désespérer.

Et quand, suite à une catastrophe sanitaire qui décime votre cheptel, ce même banquier vous refuse tout soutien et met en œuvre les garanties hypothécaires pour récupérer, pour une bouchée de pain, l’œuvre de votre vie, de celle de vos parents et de vos grands-parents.

Et que cette banque dépense des sommes folles en sponsoring pour soutenir des équipes de foot fantôme, avec votre argent, comment voulez-vous réagir.

Faut-il que nous nous taisions ou que nous vous fassions part d’une vérité gênante pour tous ? Oui, la seule idée de ces victimes des banques est de briser les scellés de la grange qui doit être saisie, d’accrocher une corde à la charpente, et de s’y pendre.

Qui sera responsable ? Les employés de l’agence ? Les administrateurs bénévoles ? La direction régionale ? Tous sont responsables.

Nous le serions aussi si nous nous taisions. 

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