jeudi 15 novembre 2012

Le viol du foyer, moyen utilisé par les banques pour instaurer un climat de terreur.



Par Gérard Faure-Kapper

Armentières ville martyre aux marches de la Nation, Armentières dans l’aube glacée de ce 12 brumaire de l’an 221 de notre République féconde, une et indivisible, Armentières au lendemain de la commémoration de l’armistice 2012, a encore été le théâtre d’une scène à laquelle on ne voudrait plus assister, le viol d’une maison, l’outrage d’un foyer.

7 heures 30, il fait encore nuit, la maisonnée se réveille. Des coups sourds à la porte, une femme se présente comme huissier de justice, elle est accompagnée de deux complices et d'un serrurier  Un mépris souverain pour ce couple de Français dont le seul crime est d'appartenir à la classe moyenne. Ils pénètrent à l’intérieur, mains dans les poches, gros godillots sur le tapis.

La scène n’est que trop courante. Observant avec attention tous les recoins de la demeure, tels trois badauds à la foire de Lille flairant la bonne affaire, la chef de cette expédition sort son carnet et note. Elle consigne sur sa fiche tout ce qui peut être récupérable.

Ce sont tous les souvenirs d’une vie qui sont saisis. Certes l’appartement ne ressemble pas à ces riches demeures remplies de tableaux de maîtres et de meubles précieux qui faisaient les délices de la rue Lauriston. Non, la valeur des biens n’est que dans le cœur et l’âme.

Pourquoi se sont-ils permis d’organiser cette rafle ? « Nous en avons le droit, c’est votre comportement qui nous oblige à agir ainsi, vous ne pouvez que vous en prendre à vous-même, c’est la loi ».

Le couple ose faire une remarque sur le fait que tout est illégal, que l’huissier ne leur a jamais signifié un quelconque jugement, qu’ainsi ils ont perdu leur droit inaliénable à un procès équitable, et c’est l’explosion de fureur. « Nous vous avons glissé un mot dans la boîte aux lettres ». Certes, ils ont la preuve d’avoir glissé ce papier mais ce n’est pas ce qu’on leur demande. Ils doivent apporter la preuve que le destinataire l’a bien reçu, ce qui n’est pas le cas.

Ce droit à la discussion, ce droit de s’interroger, ce droit de s’exprimer leur est retiré aussitôt. « C’est de la rébellion, j’appelle la police ! ». Sitôt dit, sitôt fait, la maréchaussée débarque. Il faut bien reconnaître que ces gardiens de la paix se demandaient ce qu’ils faisaient ici et compatissaient aux malheurs de cette famille.

Mais un huissier a le droit de requérir la force publique. D’ailleurs, il a tous les droits.

Une question se pose : combien vont-ils tirer de la vente de ces biens une fois déduit les frais de déménagement ? Rien. Ces biens courants n’ont quasiment aucune valeur sur internet.

Alors pourquoi ces viols de plus en plus fréquents ? Après la Grèce et l’Espagne, c’est la France qui est touchée. Le porte-monnaie tiraillé entre les ponctions illégales des banques et les impôts démesurés, les classes moyennes vont craquer. Pour faciliter leur anéantissement, un climat de terreur doit-être nécessairement instauré.

Et le viol d’un foyer au réveil est la meilleure manière.

Je pense à Amaya Egana qui a préféré, ce même jour, la mort au déshonneur d’une expulsion par un huissier.

Georges Bernanos écrivait dans son livre; les enfants humiliés : « Il n'est de véritable déception que de ce qu'on aime. ». Et la France nous déçoit profondément.

5 commentaires:

  1. il faudra sans doutes les payer un jour ces huissiers avec..._ du plomb.
    j'espère simplement pour eux qu'un jour en France il n'y ai pas de guerre civile , car ils seront tout en haut de ma liste , ces crapules , ces lâches , alors croyez moi , la peur changera en effet de camp

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  2. Et que dire de l'huissier qui pénètre dans la maison, sans témoins, sans jugement, qui force la porte de la seule personne présente, une enfant mineure!!! Celle ci qui ne comprend pas ce qu il se passe, s'enferme dans sa chambre, pensant avoir à faire à un mechant et appelle sa mere sur son portable, en criant au secours, un monsieur est rentré dans la maison.... honte à tous ces huissiers véreux, qui sont la honte de leur profession.

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  3. Comme vous le dites , ils devraient réfléchir , car ils ont pignon sur rue , et la misère , la honte , le désespoir sont générateurs de colère ou de folie ! il en sera d'eux comme des autres , ceux qui briment , spolient , traquent ! faut-il en faire la liste , on les appelle les conditionnés , ceux que l'état forme à tuer psychologiquement !

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  4. Quel est le recours pour le citoyen confronté à cette pratique illégale ? Il y a bien un moyen de se défendre ? Un texte de loi? Une procedure? Si la signification à personne existe, ce n est pas pour qu'elle soit bafouée par des personnes assermentées? Que faire? Avez vous un conseil?
    Merci de votre réponse

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  5. Malheureusement c'est le flou. La réponse habituelle est d'assigner l'huissier par un autre huissier devant le juge de l'exécution. Mais si vous vous trouvez devant le cas suivant: il n'y a pas eu de signification, vous avez été condamné et l'huissier se pointe avec une exécutoire, alors il n'y a que la cour européenne. C'est ce que nous avons déjà fait. Pour déposer une requête, il faut en théorie avoir épuisé tous les recours en France. En l'occurrence c'est vite fait puisqu'on vous a retiré tous vos recours. Pour la méthode, tapez ça sur google, vous aurez toutes les informations.

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