jeudi 15 novembre 2012

Pour une personne seule, travailler devient un luxe hors de prix.



Par Gérard Faure-Kapper

Pour une personne seule avec ou sans enfant, travailler devient hors de prix.

Travailler est devenu un luxe que beaucoup ne peuvent plus s’offrir, notamment en Ile de France. J’ai examiné, calculette en main, les comptes de plusieurs personnes qui m’ont confié leur dossier financier.

A moins d’avoir un salaire très élevé, la différence entre une personne au SMIC et une personne au RSA est sans appel.

Déduisez les obligations liées au travail : impôts et taxes, pass navigo, obligation d’une tenue vestimentaire correcte, repas du midi sur le lieu de travail, dépenses quotidiennes inhérentes à une activité, une revue par ci, une tournée par là. Je ne parle même pas d’un véhicule et encore moins de la garde des enfants.

De plus, si l’on rajoute le prix d’une mutuelle permettant d’avoir les soins de base, si l’on rajoute l’endettement et les remboursements des crédits ayant permis l’installation sans compter les déblocages de revolving assurant la trésorerie. Et rajoutez tous les frais bancaires dépassant couramment les 100€.

En cessant de travailler, vous passez au RSA. Vous pouvez enfin vous soigner correctement, vos soins dentaires, les lunettes que vous n’avez jamais osé vous offrir. Pour votre logement, le loyer s’effondre, compensé par les aides au logement. Vous faites de très importantes économies de vêtements en ne renouvelant plus votre garde-robe, vos confectionnez vos repas. Plus de dépenses parasites, plus de transports, des vacances économiques.

Votre endettement ? Oublié, vous êtes insolvable. Vos impôts ? Disparus.

De plus, votre stress avec toutes ses conséquences, un vieux souvenir.

Voici aujourd’hui le seul choix que la crise nous permet : être à la charge de la société. Ce qui est une honte pour beaucoup d’entre nous devient une nécessité vitale.

Nous en sommes là.

2 commentaires:

  1. Ce que vous dîtes risque d'encourager la suppression des aides sociales. En effet, en Allemagne par exemple, beaucoup de personnes sont obligées de travailler pour 400 € par mois et n'ont pas d'aide sociale.

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  2. Bien sûr, vous avez évidemment raison. Mais ma démonstration ne tiens compte que de l'aspect mathématique de la chose. J'ai mis l'aspect moral, économique ou social de côté.

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