mardi 6 décembre 2016

Les banquiers se plaignent des incivilités, mais faut admettre qu'ils les cherchent...


Par Gérard Faure-Kapper

Le Crédit Agricole (et aussi les autres banques), enregistrent un nombre croissant « d’agressions » à l’encontre de ses salariés.

Tant et si bien que la banque recherche des solutions techniques pour parer à ce phénomène.


Nous voyons bien là toute l’incompétence des personnes chargées de cette question. Bien sûr, on peut prévoir des trappes au guichet qui s’ouvrent sous des clients mécontents pour les faire tomber dans un cul de basse fosse, un peu comme dans le film « Le tatoué ».

On peut aussi imaginer un système pour y introduire des crocodiles, comme du temps d’Amin Dada en Ouganda.


Mais ça ne servira à rien.

Il y aura de plus en plus d’incivilités et d’agression dans le futur, et c’est normal.


Personnellement, je n’ai jamais été agressé du temps où je dirigeais mon agence. Jamais de chez jamais.




Voici l’explication.

Comme le montre le tableau ci-après, l’immense majorité des agressions à pour cause un refus de décaissement.

S’agissant de clients qui avaient l’argent sur leur compte, j’avais trouvé la solution : je leur donnais leur argent.


Aujourd’hui, ça semble extraordinaire : donner à un client son argent.

(Je n’aborde pas le sujet du compte débiteur, ça c’est autre chose. Et puis, refuser de donner de l’argent a celui qui n’en a pas sur son compte, n’a jamais donné lieu à une agression. Encore que, ça m’est arrivé une fois. C’était mi-septembre 1977 au Crédit Lyonnais de Chatou, dans les Yvelines. L’homme qui n’était pas client, a exigé que je lui donne le contenu de la caisse. Je lui ai donné car il avait un argument très fort qui s’appelait P38.
Ceci me rappelle une réplique d’Audiard, "Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus." (Jean Gabin).)

Je m’égare. Revenons au sujet.


A l’APLOMB, les exemples foisonnent de refus de décaissement.

Les excuses du banquier sont diverses. Voici un florilège :


« L’argent est destiné à payer la mensualité du prêt »

En agissant ainsi, l’employé décale les dates de prélèvements convenues par contrat. Il risque ainsi une dénonciation du contrat de prêt.

« C’est en prévision des prélèvements éventuels »

Cela s’appelle de l’immixtion dans la gestion du compte client. Le risque c’est en cas de faillite ou de surendettement, la responsabilité de la banque risque d’être engagée.

« Le chèque remis l’autre jour, n’est pas encore encaissé ».

Pour ce faire, il suffit de demander un avis de sort, ou même de téléphoner à l’autre banque pour être rassuré.

« Le salaire n’est arrivé qu’aujourd’hui ».

Donc l’argent est sur le compte et est disponible.

« Le Directeur n’est pas là ».

Certainement en RTT. Mais vous, l’employé, vous êtes payé pour prendre la décision. Si l’argent est sur le compte, vous devez décaisser.

« C’est pour quoi faire cet argent ? »

Probablement pour aller aux putes. Cher employé de banque, occupez vous de vos fesses.




Pour conclure, mesdames et messieurs les employés des agences, si vous continuez à refuser de donner à vos clients, leur propre argent, ne vous étonnez pas que les incivilités vont augmenter.

Par contre, si vous faites votre travail de banquier, à savoir décaisser les fonds disponibles à la demande du client, alors tout ira bien, vous aurez une clientèle aimable et fidèle, condition indispensable pour continuer à faire du bon business.




Pour les employés de banque qui pensent déjà à leur reconversion, ne manquez pas cet article:

http://antibanque.blogspot.fr/2015/11/les-banquiers-ont-un-incroyable-talent.html




2 commentaires:

  1. Merci pour cet article, qui démontre une fois de plus que les établissements bancaires sont de moins en moins connectés à la réalité. Plutôt que de se poser les bonnes questions (Pourquoi les clients deviennent agressifs ?), ils cherchent à se victimiser. Je pense qu'ils doivent également faire face à la gronde montante des employés/guichetiers, qui simples exécutants, se retrouvent en première ligne et essuient les conséquences des politiques irresponsables de l'encadrement.

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