mercredi 6 février 2019

Analyse du communiqué de la Fédération Bancaire Française



Par Gérard Faure-Kapper


Ce 4 février 2019, la Fédération Bancaire Française a diffusé un communiqué de presse concernant les « commissions d’intervention ».

Un ami, bénévole à Que Choisir m’a demandé de le « traduire ».

Voici ce communiqué de FBF, à  l’état brut :

« 2. Concernant les commissions d'intervention :

Derrière un incident de paiement, il y a toujours un particulier, un professionnel ou une entreprise qui n'est pas payé et qui attend son argent. Ces incidents de paiement entrainent un traitement lourd pour les banques et une intervention particulière pour voir si l'opération peut tout de même être honorée dans l'intérêt du client, ce qui a un coût.

Le sujet des frais, dont les commissions d'intervention, auquel les publics fragiles financièrement étaient particulièrement sensibles, a été pris en considération par les banques françaises. Elles ont mis en place des plafonds qui évitent le cumul des frais pour ces populations. La mise en place de ces plafonds, ainsi que l'annulation de toutes les hausses des tarifs bancaires pour les particuliers annoncés par les banques au même moment (déc 18), ont un impact positif sur le pouvoir d'achat. »


Voici l’analyse du texte.

« Derrière un incident de paiement, il y a toujours un particulier, un professionnel ou une entreprise qui n'est pas payé et qui attend son argent. »

Ce préalable permet de stigmatiser le client afin de démontrer que son comportement est nuisible à la société.

« Ces incidents de paiement entrainent un traitement lourd pour les banques et une intervention particulière pour voir si l'opération peut tout de même être honorée dans l'intérêt du client, ce qui a un coût. »

Par contre, la FBF est totalement incapable de décrire en détail ce « traitement lourd ».

Et pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de traitement lourd.



Voici comment ça se passe dans la réalité.


Une écriture se présente sur un compte non approvisionné.

Il s’agit d’une « demande tacite de crédit »

L’agent de la banque va donc mener les investigations nécessaires pour décider si la banque est disposée à prêter l’argent manquant.

Ce travail « lourd » est en fait « l’étude d’une demande de crédit »

Pour un agent connaissant bien sa clientèle, le temps oscille entre 1 seconde et 2 minutes.

Le coût de cette « étude d’une demande de crédit » est quasiment nul.


(Soit un employé payé 1.800€ par mois qui va traiter 80% des demandes en 6 secondes en moyenne, chaque acceptation étant facturée 8€, calculez le coût pour la banque. 
Réponse : 0,0177€. 
Bénéfice pour la banque : 7,9823€)


Conclusion :

Je n’en veux pas aux gens de la Fédération Bancaire Française. Ils ignorent absolument tout des techniques bancaires et du travail fait en agence.

Ils ont simplement un problème de formation. C’est ce que je propose.

4 demi-journées seront suffisantes avec des groupes de 5 personnes. 


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