lundi 23 juillet 2018

Ce sont tous les Français qui sont saisis par le colback par les services de l'Etat


Par Gérard Faure-Kapper


Cette affaire Benalla ne peut étonner personne. La seule chose que peut lui reprocher l'Etat, c'est de s'être fait prendre. Ainsi cet évènement gravissime a prévenu du retour du SAC et des barbouzes, bras séculiers des basses oeuvres de l'Etat.


Cette photo n'évoque pas pour moi un geste isolé, une bavure d'un des sbires de l'Elysée, mais plutôt le symbole de la considération des hommes politiques pour les classes moyennes.


L'auteur casqué de cette scène, c'est l'employé du RSI qui lance des poursuites contre un commerçant. C'est un employé de l'URSSAF qui se trompe volontairement dans ses calculs pour atteindre les objectifs du mois. C'est un chef de service de la MSA qui achève de ruiner un paysan.

Cette "gueule casquée", c'est le chargé de clientèle de la banque qui va rajouter des frais aux frais pour empêcher un client de revoir le jour. C'est le directeur d'agence qui supprime du jour au lendemain tous concours, poussant l'artisan à la cessation de paiement. c'est le mépris avec lequel sont considérés ces professionnels qui font vivre la France et assure l'énorme salaire de ces mercenaires.

Ce gladiateur, c'est le chargé de recouvrement d'un cabinet spécialisé qui harcèle et inflige une torture morale à cette mère de famille isolé, la privant de quelques maigres ressources destinées à la rentrée des enfants. C'est l'huissier de justice qui, en dehors de tout cadre légal, joue sur son image pour récupérer des sommes non dues.

Cette affaire Benalla, c'est le symbole de notre pseudo-république et la manière dont elle impose une vrai dictature sur le peuple.



J'ai lu quelque part que Macron avait de l'admiration pour Adolphe Thiers. Pour lui c'est le sauveur de la République.

Pas du tout. Adolphe Thiers a théorisé la notion de pseudo République. Voici les propos du mentor de notre Président.

Après la guerre de 1870, la 3ème République avait été prononcée. Les prochaines législatives tournaient autour de la question du rétablissement de la monarchie.

"C'est idiot, disait Thiers, si vous mettez un Roi, il prendra des décisions en son nom, ce qui ne manquera pas de provoquer des protestation pouvant aller jusqu'à la guillotine.

Par contre, si le chef de l'Etat est issu du suffrage universel, personne ne pourra le remettre en cause car c'est le représentant du peuple.

Et si ce sont nos adversaires qui sont élus ? Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas possible, il y a toujours moyen d'avoir la majorité".


Voici les fondements de notre République, celle qui a gracié Bazeine et condamné Dreyfus.



Revenons à Benalla. Comment se tirer de cette affaire ? Il suffit d'appliquer le théorème de Pasqua, un ancien du SAC (et de chez Ricard):

"Vous crééez une affaire dans l'affaire, puis une autre affaire à l'intérieur de celle-ci, jusqu'à ce que le public ne comprenne plus rien"



1 commentaire:

  1. comme toujours, quelle belle analyse circonstancié.
    Bravo.

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