lundi 2 janvier 2012

Pour les RG et Bercy, il suffit d’avoir un pote journaliste dans un journal appartenant au Crédit Mutuel pour tout connaître des citoyens.


(Synthèse d’un article de Dominique Simonnot paru dans le Canard enchaîné)

Si vous avez un compte au Crédit Mutuel ou au CIC, sachez que le moindre de vos mouvements financiers est public et tombe directement dans la boite de milliers de journalistes.

En effet, le Crédit Mutuel a décidé de rendre publiques ces informations confidentielles. Ils ont, de fait, décrété la levée unilatérale du secret professionnel.

En conséquence, depuis 2004, on peut savoir que vous avez acheté 5 lingots d’or et 5.000 pesos mexicain, qu’ils vous ont été livrés à votre domicile le 14 mai 2008, que votre chargé de clientèle pense que vous n’êtes qu’un blaireau à qui l’on fait souscrire n’importe quoi, que vous avez fait 100.000 euros de plus value alors que vous n’en avez déclaré que 10.000, que vous avez retrouvé un emploi, information utile pour les huissiers, et que le jeudi 18 février 2008, vous avez passé la nuit à l’hôtel du Lac à Annecy alors que vous étiez sensé être à un congrès à l’hôtel de la gare à Clermont-Ferrand. C’est une information intéressante pour un journaliste, surtout si le client est candidat aux prochaines législatives.

On trouve également vos adresses, votre relevé d’identité bancaire, les conseils fiscaux, enfin toutes indications permettant à n’importe qui de se construire votre identité.

S’agit-il d’une erreur ? Non, puisque ce « problème » est connu depuis le 4 janvier 2011. C’est bien une action délibérée de la Direction de rendre public toutes les informations dont la confidentialité est protégée par la loi.

Le Crédit Mutuel file un mauvais coton. Dans une Caisse Locale, un administrateur, élu par les sociétaires et qui réfléchissait un peu trop, s’est vu interdire l’accès au Conseil d’Administration et sa démission est exigée. La personne en question a refusé. Conséquence juridique inattendue, toutes les décisions prises par ce Conseil et les suivants sont frappées de nullité. Par exemple, le Conseil doit ratifier les crédits accordés. Eh bien, ces crédits n’existent pas juridiquement et les bénéficiaires … n’ont rien à rembourser.

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