jeudi 9 février 2012

« C’est pas moi, c’est ma direction… » Chronique des petits mensonges entre amis.


Nous avons tous remarqué un phénomène curieux dans nos agences bancaires.

Quand votre chargé de clientèle accepte telle ou telle chose, c’est toujours lui : « Pour votre crédit, je suis d’accord, je vais le mettre en place. » « Pour votre découvert, je vous accorde 500 euros de plus » « Pour vos agios, je vais faire un geste, et j’en extourne la moitié ».

Mais par contre : « Ma direction a refusé le prélèvement » « Plus de découvert, ordre de la direction », « Ma direction n’a pas donné suite à votre demande de prêt » « C’est la direction qui a bloqué la carte », « pour les frais, il faut voir ça avec la direction », « Pour votre demande, je vais voir avec ma direction ».

Au moins les agences sont équipées de la direction assistée et du système de correction de trajectoire. De temps en temps, elles ont même l’ABS, (abus de bien social)

Pour y voir plus clair, il faut comprendre comment fonctionne une banque.

La direction ne s’occupe pas des problèmes quotidiens, on peut même dire qu'elle les ignore.

Un directeur d’agence doit faire marcher sa boutique, et donc prendre les décisions quotidiennes. Pour cela, il a des délégations qui lui permettent de tout décider : accords du prêt jusqu’à un certain montant (relativement élevé), délégation pour extourner les frais et les agios, tous pouvoirs pour bloquer une carte ou ficher un client. Le chargé de clientèle a également ces pouvoirs.

Donc c’est bien lui qui est capable de prendre toutes les décisions. On peut imaginer que, dans leur tour à la Défense, le conseil d’administration ne va pas se réunir avec la BCE, le FMI est le G20 chaque fois qu’il faut payer un prélèvement d’une cinquantaine d’euros.

Alors, il s’passe quoi ? Comme disait Charles.

Tout simplement un phénomène humain. Le chargé de clientèle jouit de très grands pouvoirs. Il se trouve grandi chaque fois qu’il vous accorde ses faveurs. C’en est presque jouissif. Vous êtes dans la mouise, vous êtes obligé de le supplier et là, il a l’infinie bonté de vous accorder une faveur. De plus, si vous êtes une femme plutôt bien faite, il est au sommet de sa gloire. Alors, c’est lui qui dit oui.

Par contre, dire non est plus difficile. Il va se dévaluer, apparaît comme le méchant, il a le mauvais rôle et son image va en pâtir. De plus, il faut un certain courage pour dire non, on risque de se prendre une baffe.

Alors il invente cette histoire de direction fantôme pour se mettre à l’abri de votre courroux.

Maintenant que vous savez ça, vous examinerez bien votre chargé de clientèle la prochaine fois qu’il vous dira non. Sa voix sera plus hésitante et surtout il ne pourra pas vous regarder en face et fera tout pour abréger l’entretien.

1 commentaire:

  1. c'est vrai quand il ne menace pas d'appeler la police voir à Maison Alfort

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